Le Jeûne qui plait à Dieu

« Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés ! Tous les jours ils me cherchent, Ils veulent connaître mes voies; Comme une nation qui aurait pratiqué la justice Et n’aurait pas abandonné la loi de son Dieu, Ils me demandent des arrêts de justice, Ils désirent l’approche de Dieu. – Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas? De mortifier notre âme, si tu n’y as point égard ? –

Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires. Voici, vous jeûnez pour disputer et vous quereller, Pour frapper méchamment du poing; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, Pour que votre voix soit entendue en haut. Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l’homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l’Éternel ? »

Esaïe 58 : 1-5

Le peuple d’Israël vivait une certaine frustration; ils se donnaient la peine de jeûner et pourtant ils ne voyaient pas le résultat désiré. Dieu ne leurs parlait pas, il n’intervenait pas; on aurait dit qu’il ne voyait même pas tous ces efforts qu’ils fournissaient ! Combien de fois avons-nous déjà été dans une telle situation, à nous demander si notre Dieu voit les efforts que nous faisons, toute la peine que nous nous donnons. Quand nous jeûnons, c’est si difficile de passer toute une journée sans manger ni boire. Nous sommes affaiblies et nous marchons parfois la tête courbée, la mine abattue, nous faisons si souvent peine à voir. En réalité, la seule chose à laquelle nous pensons tout au long de journée c’est de réussir à tenir jusqu’à la fin sans manger ni boire; cela devient notre but ultime. Nous ne prenons pas de temps à part pour vaquer à la prière ou à la méditation de la parole, nous sommes de mauvaise humeur et parlons méchamment à ceux qui ont le malheur de croiser notre chemin ce jour-là, car, après tout, nous sommes aigris puisque nous avons faim. Nous ne cédons pas notre place à une personne âgée dans le bus car nous sommes fatigués, trop fatigué pour prier, méditer la parole de Dieu, apporter la bonne nouvelle autour de nous…en fin de compte, tout ce que nous avons réussi à faire durant cette journée c’est ne pas manger ni boire jusqu’au soir. Selon nous, nous avons réussi à jeûner! Selon Esaïe 58, nous avons lamentablement échoué. Certes, nous nous sommes privés de nourriture toute la journée, mais nous n’avons pas offert un jeûne agréable au Seigneur. Lévitique 19 : 5 nous dit « Quand vous offrirez à l’Éternel un sacrifice d’actions de grâces, vous l’offrirez en sorte qu’il soit agréé. » La frustration de plusieurs chrétiens vient du fait qu’ils ont voulu jeûner et être agréable à Dieu, mais ils ne se sont pas arrêtés pour s’assurer qu’il le faisait comme Dieu le voulait. Ils se sont donnés de la peine pour apporter un sacrifice qui finalement n’est pas agréable aux yeux de Dieu.

Gloire soit rendu à Dieu, qui n’hésite pas à révéler son cœur à ses enfants, leur donnant ainsi la clé pour vivre une vie richement bénie et être libère de la frustration qu’ils expérimentaient.

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug; Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne Pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, Et ta guérison germera promptement; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l’Éternel t’accompagnera. Alors tu appelleras, et l’Éternel répondra; Tu crieras, et il dira : Me voici!

Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux, si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l’âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l’obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. L’Éternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, Et il redonnera de la vigueur à tes membres; Tu seras comme un jardin arrosé, Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines, tu relèveras des fondements antiques; On t’appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. »

Esaïe 58 : 6-12

Selon ce passage le jeûne auquel Dieu prend plaisir n’est pas une affaire d’une journée, c’est un style de vie! Le jeûne décrit ici ne consiste pas à s’isoler du reste du monde et à courber la tête comme un jonc, en se mortifiant et en se couchant dans la cendre. Il consiste à faire du bien à son prochain! Si ton prochain est opprimé libère-le! S’il a faim, partage ton pain avec lui. S’il est nu, couvre-le! ne te détourne pas de ton prochain qui est dans le besoin, sois prompte à lui tendre la main, aime-le comme toi-même.

« Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela, et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. »

Luc 10 : 25-37

Le jeune véritable consiste ne pas passer outre notre prochain qui a besoin d’aide. Il consiste à prendre soin de ceux qui sont dans le besoin par l’investissement de notre temps et de nos ressources matérielles, à cause de la compassion que nous éprouvons à leurs égards…compassion qui est le fruit de l’amour que le Saint Esprit déverse dans nos cœurs. Si nous nous livrons toujours à nos penchants charnels, nous nous disputons avec notre prochain et nous passons outre ceux qui sont dans le besoin, nous aurons beau nous priver de nourriture mais cela ne sera pas agréable à Dieu.

Jésus, notre modèle par excellence menait une vie de jeûne. Il dit dans Luc 4 : 18-19 « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. » Il y avait des moments dans sa vie sur terre où il mangeait et buvait, d’autres moments où il se privait de nourriture, mais en toute circonstance il était prêt à faire du bien à son prochain et était ému de compassion chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un qui souffrait.

Faisons comme Jésus! Jeûnons ! Mais dorénavant faisons le bien; de manière à être agréable à notre Père céleste !